segunda-feira, 22 de fevereiro de 2010 | Autor:

Amor é toda essa “magia” de luz que gigantes de lucidez despertam em nós. Foi assim com Nelson Mandela.
Senti-o agora na estética, ética e saber por si semados há cinco décadas.
Só podemos merecer-vos dando-vos colinho no nosso existir, o melhor de nós em cada dia.
Flores regadas na varanda de nossas vidas.
Obrigado. Sempre. A si Mestre De Rose e a quem o ama tornando este um Mundo melhor.
António Mateus (antoniomateus@hotmail.com)
Jornalista
Lisboa – Portugal

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Seu carinho e sua atenção esculpem em mim uma pessoa melhor. Meu velho coração comovido agradece sua consideração. Retribuo-lhe com um abraço apertado e longo, de um irmão para o outro. DeRose.

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terça-feira, 12 de janeiro de 2010 | Autor:
Enviado em 09/01/2010 às 12:16 por Jonathan Sardas

Voici la version française : La Méthode DeRose, bien sûr encore en cours de re re re re re re relecture

Une pensée pour tous les francophones qui nous connaissent et pour ceux qui aimeraient nous connaître.

Abraço Mestre, merci pour ta présence à l’intérieur de chacun de nous.

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La
Méthode
DeRose
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Une culture fondée sur des concepts et des techniques pour une meilleure qualité de vie.

Sommaire :

QU’EST-CE QUE LA METHODE DeROSE ?
NOTRE DÉFINITION DE LA QUALITE DE VIE.
LA MÉTHODE DE ROSE EST-ELLE UNE MÉTHODE DE YÔGA ?
« MAGASIN DE DÉCORATIONS »
MAINTENIR LES JEUNES À L’ÉCART DES DROGUES
NOUS NOUS REFUSONS TOUTE CONDUITE SECTAIRE
COMMENT FONCTIONNE LE RÉSEAU D’ÉCOLES DE LA MÉTHODE DEROSE
PHILANTHROPIE ET ACTIONS SOCIALES
COURS OUVERTS AU PUBLIC
EXPLICATIONS SUR NOTRE CULTURE

QU’EST-CE QUE LA MÉTHODE DeROSE ?

Il est dans la nature humaine de vouloir comprendre chaque chose. Dès lors, nous avons l’habitude d’appréhender tout nouveau concept en le délimitant, afin qu’il entre dans des cases mentales préétablies. Or, cette approche nous amène à enfermer toute idée nouvelle, en lui imposant des schémas prédéfinis.

Lorsque nous évoquons la Méthode DeRose, Il est donc naturel que notre interlocuteur veuille savoir s’il s’agit d’une danse, d’une gymnastique, d’un art, d’un travail thérapeutique ou encore d’une philosophie. Et si finalement notre proposition ne pouvait pas se délimiter et entrer dans une de ces « cases » ?

Lorsque l’on tente d’expliquer ce qu’est notre Méthode, nous sommes souvent confrontés à la question suivante :

– Mais c’est une Méthode de quoi ?

Nous avons donc décidé d’offrir les clarifications que vous trouverez dans cet ouvrage, afin que chacun puisse affiner sa compréhension de cette méthode, et s’approprie ainsi ses nuances et subtilités.

La systématisation de la Méthode DeRose est le résultat d’un processus aussi graduel qu’empirique, qui a connu son origine en 1960. Au fil des années, plusieurs définitions satisfaisantes ont donc vu le jour.

Nous pouvons définir la culture proposée par la Méthode DeRose de la manière suivante :

La Méthode DeRose est un ourdissage de concepts et de techniques, qui puisent leur origine dans des traditions culturelles très anciennes.

Ou encore, sous une formulation plus ample :

La Méthode DeRose est une proposition de style de vie. Elle résulte d’un ourdissage de concepts et de techniques qui procurent une meilleure qualité de vie, notamment à travers un comportement raffiné, des relations humaines harmonieuses et des habitudes de vie saine. Un réapprentissage de la respiration, un ensemble de techniques organiques, ou encore une amélioration des capacités de décontraction et de concentration sont certains des outils dont elle dispose. Elle vise, en dernière instance, l’expansion de la conscience et la connaissance de soi.

Afin de mieux visualiser les différents aspects de la Méthode on peut organiser les concepts principaux de la manière suivante :

Une proposition de style de vie résultant d’un tissage de concepts et de techniques
qui procure une meilleure qualité de vie notamment à travers
un comportement raffiné
des relations humaines harmonieuses
des habitudes de vie saines
qui comprend des outils dont
un réapprentissage de la respiration
un ensemble de techniques organiques
une amélioration de la décontraction et de la concentration
qui vise l’expansion de la conscience et la connaissance de soi.

Tous ces items ne doivent pas être considérés comme des bénéfices qui viendraient en contrepartie d’une pratique spécifique. Ils ne sont en réalité que la conséquence naturelle d’une philosophie de vie saine.

NOTRE DÉFINITION DE LA QUALITE DE VIE.

Jouir d’une bonne qualité de vie :

C’est faire du plaisir, de la joie, de la santé et du bien être le cœur de notre existence.
C’est aussi répondre à nos besoins physiologiques et ergonomiques, et adopter des habitudes qui permettent l’épanouissement du corps, des émotions et de la pensée. C’est également maintenir des relations humaines chaleureuses, en se comportant avec générosité, raffinement, élégance et respect.

C’est adopter une vision du monde qui nous incite à nous développer en tant qu’individu, et à nous perfectionner toujours d’avantage. C’est aussi étudier, poursuivre des idéaux, et rechercher la connaissance de soi. C’est également faire preuve d’initiative et adopter un comportement éthique et responsable, vis-à-vis de la société et de l’environnement.

Mais c’est aussi : savoir maintenir un niveau de vie sensiblement inférieur à nos ressources, vivre à proximité de son travail, choisir avec soin son alimentation, parvenir à tirer satisfaction de toute chose. Et encore : donner du temps et de l’attention aux personnes qui nous entourent, offrir des fleurs à la personne qu’on aime, ne pas se laisser abattre par les aléas de la vie, aimer véritablement et pardonner sincèrement.

Tout cela résume bien ce que sont nos valeurs.

LA MÉTHODE DeROSE EST-ELLE UNE MÉTHODE DE YÔGA ?

Pour éviter de longues discussions, on pourrait être tenté de dire que la Méthode DeRose est une méthode de Yôga. Mais il faut avoir clairement à l’esprit que cette affirmation est une simplification et qu’elle ne correspond pas tout à fait à la réalité.

La Méthode De Rose est un tissage de concepts et de techniques, dont seules les techniques proviennent du Yôga Antique.

Quant aux concepts préconisés, ils dépassent le simple cadre technique dans lequel se définit le Yôga. En effet, on appelle Yôga toute méthodologie strictement pratique qui conduit au samádhi.
D’où proviennent donc ces concepts, cette attitude, ce comportement, mis en avant par la Méthode DeRose ?
Ils sont issus de la philosophie comportementale et de la philosophie théorique propres à la période protohistorique et à la société dravidienne dans laquelle est née le Yôga Antique.

« MAGASIN DE DÉCORATIONS »

Un passant aperçoit l’enseigne d’un bel établissement : « magasin de décorations ». Il prévoyait justement de refaire la décoration de sa salle de séjour. Il entre alors en demandant au propriétaire :

– Bonjour, je voudrais voir vos papiers peints, s’il vous plaît.

Le propriétaire, très souriant, lui répond alors :

– Veuillez nous excusez, monsieur. Nous ne disposons pas de ce type de produit.

Qu’a cela ne tienne, se dit notre acheteur, réfléchissant à ce dont il pourrait avoir besoin pour son salon.

– Pourriez vous me montrer les parquets ou les moquettes que vous avez ?

– Je suis profondément désolé Monsieur, nous ne vendons aucun type de décoration d’intérieur.

L’acheteur mécontent, rétorque :

– Mais je ne comprends pas, j’ai bien lu à l’entrée « magasin de décorations ».

Et le propriétaire du magasin, sans perdre son élégant sourire, explique alors :

– En effet, notre établissement offre des décorations, des signes distinctifs propres aux ordres de chevalerie. Nous proposons donc l’insigne de l’Ordre de la Légion d’Honneur, la médaille d’Honneur des Sapeurs pompiers et bien d’autres. Le mérite étant le seul critère pour obtenir ce type de récompenses, tout acheteur doit, bien entendu, nous apporter les documents prouvant qu’il a bien obtenu la décoration qu’il prétend acquérir.

Ce genre de malentendu, se répétait tous les jours dans les écoles accréditées par la Méthode De Rose. De nombreuses personnes entraient en contact avec nous à la recherche d’un type de gymnastique, d’une forme de thérapie, ou d’exercices relaxants. Or ce que nous offrons est extrêmement éloigné de tout cela. Nous proposons, en effet, une culture, une philosophie, un style de vie.

Aujourd’hui, nos directeurs d’écoles ayant décidé de n’utiliser que la formule Méthode De Rose, plus personne n’entre dans nos établissements en recherchant des « décorations d’intérieur ». Nous évitons ainsi la situation embarrassante de devoir expliquer à une personne intéressée que nous n’offrons pas ce qu’elle vient chercher.

Pourquoi avoir choisi le terme Méthode DeRose ?
En réalité, ce sont les élèves qui utilisent cette expression depuis des dizaines d’années. Après cinquante ans d’enseignement, nous avons décidé de l’accepter pour se référer à notre proposition.
Par ailleurs, nous disposons d’une trentaine d’alternatives pour se référer à la Méthode DeRose : notre Culture, notre Proposition, notre Méthode ou encore notre Philosophie en sont certaines parmi d’autres.

MAINTENIR LES JEUNES À L’ÉCART DES DROGUES

Si notre travail n’avait pas d’autre vertu, n’offrait aucune autre contribution à la société, le seul fait de maintenir des milliers de jeunes loin des drogues suffirait à lui donner du sens.

Lors d’un cours de notre Culture, un jeune instructeur s’est adressé au Professeur De Rose d´une façon très emouvante :

– Professeur. Je veux vous remercier, car vous m’avez sauvé la vie.
Le Professeur De Rose lui a répondu que lui aussi sauvait la vie de nombreuses personnes, car il était également instructeur de notre Philosophie. Mais il a alors expliqué :

– Non, je voulais dire que vous m’avez vraiment sauvé la vie. J’avais un ami avec qui je sortais souvent la nuit. On se soulait et on sortait. Aujourd’hui, après le cours, je vais assister à son enterrement : il s’est soulé, et il est mort dans un accident de voiture. J’aurais pu être la avec lui, mais je suis bien ici, en vie. C’est pour cela que je dis que vous m’avez sauvé la vie.

Les parents de nos élèves nous demandent souvent comment nous arrivons à maintenir un groupe de jeunes loin des drogues, de l’alcool et de la cigarette. En réalité, ce sont les anciens élèves qui sont responsables de cela. Les nouveaux élèves entre en contact avec des jeunes sains qui profitent pleinement de la vie et ils vont rapidement avoir envie de faire partie de ce groupe. Mais pour être accepté, ils doivent eux-mêmes montrer des habitudes saines de vie.
C’est sans doute une des raisons qui explique pourquoi de plus en plus de parents soutiennent leurs enfants lorsqu’ils décident de suivre la formation d’instructeur de la Méthode DeRose. Nous sommes souvent émus et fiers de la confiance que nous recevons des parents de nos élèves.

NOUS NOUS REFUSONS TOUTE CONDUITE SECTAIRE

Nous évitons tout type de sectarisme car il compromet le sens critique, la capacité de jugement et la liberté d’action de l’individu. Nos élèves et nos lecteurs sont des personnes cultivées, disposant d’un niveau élevé d’éducation et ayant souvent voyagé dans de nombreux pays. En somme, ce sont des personnes matures et lucides. Travailler avec ce type de public permet de nous prémunir contre tout comportement sectaire, qu’il soit de nature spirituelle, politique, ou autre.

C’est aussi dans ce sens, que notre tout premier Axiome affirme laconiquement : « Ne croyez pas ». Ne croyez pas à ce qu’on vous dit. Ne croyez pas aux informations les plus honnêtes, transmises par les personnes les plus sincères, car elles ont toujours souffert d’une distorsion. Ne croyez pas non plus à ce que vous trouverez dans ce livre. Toute affirmation auréolée de vérité est relative à un point de vue particulier, qui dépend de l’observateur. Toute « vérité » souffre d’une distorsion due à la culture, aux névroses et aux intérêts de ceux qui l’acceptent comme telle.

Dogmes, doctrines et endoctrinements sont donc exclus de notre proposition. Nous privilégions toujours la diversité des options, la liberté de choix et la liberté de penser. Tous nos élèves et lecteurs, sans pour autant tomber dans le questionnement compulsif, doivent impérativement garder leur sens critique.

COMMENT FONCTIONNE LE RÉSEAU D’ÉCOLES DE LA MÉTHODE DE ROSE

Les entités accréditées par notre Méthode (écoles, espaces culturels, associations, fédérations) sont toutes autonomes et chacune dispose de son propre propriétaire, directeur ou président. Nous travaillons avec un système d’accréditation qui est profondément différent du système de franchise. Le Professeur De Rose ne possède qu’une seule école et les autres entités, totalement autonomes, ne doivent pas réaliser le moindre versement, ni au Professeur De Rose, ni à aucune organisation. Celles-ci offrent un travail sérieux, ce qui contribue au renom de notre Culture, et en échange elles ont le droit d’utiliser le nom Méthode DeRose. Cela génère un cercle vertueux, qui bénéficie à tous et stimule un public toujours plus vaste à rechercher l’enseignement de notre Philosophie dans des établissements sérieux et des livres de qualité.

PHILANTHROPIE ET ACTIONS SOCIALES

Notre institution compte des milliers d’élèves inscrits au sein d’écoles et d’associations présentent en France, en Angleterre, en Italie, au Portugal, aux Etats-Unis, au Brésil et en Argentine. Plus d’un million de personnes suivent nos enseignements à distance, en lisant nos livres, en assistant à nos vidéos, en écoutant nos CDs1. Toutes ces personnes peuvent rendre des services inestimables à la communauté.
Nous encourageons donc l’ensemble de nos élèves à participer aux différentes actions sociales et philanthropiques. La participation extrêmement active du réseau d’écoles DeRose à la vie de communauté est aujourd’hui reconnue par de nombreuses institutions. Le Professeur DeRose a notamment eu le privilège de recevoir le titre de Membre d’Honneur du Rotary Club en 2007, et les écoles du réseau DeRose ont reçu une médaille de l’Unicef qui venait gratifier la régularité et le montant de leur soutien financier.

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1 De nombreux livres, CDs et vidéos sont en libre téléchargement sur notre site internet http://www.MetodoDeRose.org

COURS OUVERTS AU PUBLIC

Parallèlement au travail réalisé dans l’ensemble des entités accrédités. Nous organisons des cours gratuits et ouverts à tous, dans les parcs et jardins de nombreuses villes à travers le monde.
A Paris, durant tout l’été, le jardin du Luxembourg accueille un cours ouvert à tous1.

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1 Pour toute information vous pouvez entrer en contact avec la Fédération Française de la Méthode De Rose par téléphone au +(33)1 43 25 24 68 ou au +(33)6 99 51 11 08 ou par email à l´adresse rivegauche.fr@metododerose.org

EXPLICATIONS SUR NOTRE CULTURE

Propos recueillis lors de l’entretien du Professeur DeRose avec le journaliste António Mateus, à Lisbonne en 2009.

Votre culture promeut un individu plus lucide, plus conscient, qui intervient d’avantage dans la société. C’est bien cela ?

Oui, en effet, l’idée est qu’à travers un ensemble de techniques et de concepts nous puissions amener l’individu à un état de conscience plus étendu, plus large.

Quelle est l’intention, l’objectif à accomplir, dans l’évolution que vous proposez à cet individu ?

L’objectif à atteindre est un état d’hyper-conscience, appelé aussi d’état de méga-lucidité. Cet état de conscience est, en réalité, la direction vers laquelle l’humanité est déjà en train d’évoluer.

Et il est tout à fait possible d’atteindre cet état de conscience. Certaines personnes, n’ayant ni lu, ni étudié le sujet, affirment que l’hyper-conscience est un idéal inatteignable, voire une pure invention de l´esprit. En réalité, nombreux sont les individus qui l’ont déjà atteint.

Le fait que cet objectif soit atteint ou non, va bien entendu dépendre d’un ensemble de facteurs. Parmi eux, les capacités propres de l’individu jouent un rôle déterminant. Quant à ceux sur lesquels il est possible d´agir, nous pouvons citer l’investissement personnel, le temps consacré à la pratique de cette philosophie, mais aussi l’environnement dans lequel la personne évolue. Dès lors, certains éléments tels que le bagage culturel, la profession exercée, ou encore l’âge auquel la personne a débuté, vont également entrer en ligne de compte.

Alors que, de nos jours, les sociétés ont du mal à penser l’individu, et même à se penser en tant que société, votre Culture est peut être la proposition qui manque. Cet individu, évidemment différent, plus lucide, plus conscient, quel impact peut-il avoir sur la société ? En quoi peut-il changer les choses ?

Lorsque qu’une personne est plus lucide, plus consciente, sa manière d’être dans le monde va profondément évoluer. Elle va s’investir d’avantage dans son travail et améliorer ses relations humaines. Elle va pouvoir s’engager, de manière plus effective, dans la poursuite d’un idéal, que celui-ci soit politique, humanitaire, philanthropique, artistique ou autre. Et surtout, cette personne se sent plus intégrée au monde qui l’entoure. Lorsqu’un individu ne bénéficie pas encore d’une conscience pleinement développée, il perçoit le monde comme divisé entre « moi » et « les autres ». Au moment où la conscience s’étend, il perçoit que ce « moi et les autres » n’existe pas.
En réalité, nous sommes tous une seule et unique entité, nous sommes tous liés les uns aux autres, et cela, pas uniquement au sein de l’espèce humaine, mais aussi entre les espèces, au niveau planétaire et du cosmos tout entier.

Comment se traduit l’état d’hyper-conscience, de méga-lucidité, dans la vie quotidienne ?

Dans la vie quotidienne, cela se traduit par une participation objective, que nous appelons d’action effective. Une conscience plus étendue nous amène à percevoir que le discours seul n’a pas de valeur effective, que l’intention ne suffit pas. Nous comprenons alors qu’il est nécessaire de faire preuve d’initiative mais surtout que nous devons mener nos actions jusqu’à leurs termes. Cela permet, en effet, d’en apprécier les résultats dans notre vie, dans notre entourage, mais aussi dans la société. Un individu plus conscient, plus lucide, est donc amené à étendre son champ d’action. Il cesse alors d’être un individu insignifiant, dont la voix n’est pas entendue, et devient, au contraire, une personne qui agit et modifie le monde dans lequel il vit.

Comment votre culture parvient-elle à agir de la sorte sur l’individu ?

Notre Culture, je l’appelle notre Culture avec un C majuscule car il s’agit d’un ensemble de concepts et de techniques, d’une philosophie, d’un art de vivre. Notre Philosophie, notre Culture amène l’individu dans cette direction grâce à un réapprentissage, progressif et spontané, d’une manière d’être au monde. Il convient de préciser que nous nous refusons tout type d’endoctrinement ou d’attitude répressive vis-à-vis de l’individu. Dès lors, selon nous, le meilleur chemin pour l’évolution du pratiquant est celui de l’exemple. Celui-ci apprend une nouvelle manière d’être, d’agir et d’interagir, en observant le comportement de ses camarades. C’est en évoluant à l’intérieur d’un groupe qui se dédie déjà aux mêmes idéaux, et grâce à la force de ce groupe appelée égrégore, que l’individu change naturellement.

L’influence de votre Culture sur le groupe peut-elle être comparée à l’action d’un chef d’orchestre qui affinerait le son des musiciens ? Nous réunissons des violons, des flûtes, et ils adoptent tous un comportement tourné dans la même direction ?

Oui c´est une image pertinente. Il s’agit, en fait, tout d’abord, d’affiner l’individu lui-même. Nous cherchons une synchronisation entre tous les éléments qui constituent un être humain. Cette synchronisation va concerner l’ensemble des corps de l’homme : le corps physique, le corps émotionnel, mental, intuitif, etc. L’objectif étant que tous entrent en synergie, en reprenant votre métaphore, comme un véritable orchestre.

Mais le pratiquant ne doit pas se restreindre à son petit monde intérieur, à son petit univers personnel. L’orchestre du pratiquant doit devenir l’orchestre familial, l’orchestre du métier qu’il exerce, l’orchestre de l’art qu’il cultive. Et les musiciens qui jouent à l’unisson, deviennent peu à peu l’ensemble des éléments, des personnes et des circonstances de son environnement.

Au fur et à mesure que le champ d’action de l’individu s’élargit, il en vient à penser que le monde est finalement très petit. Grâce aux nouveaux moyens de communication, notre impact sur le monde devient plus effectif. Autrefois, nous devions passer par l’écriture, via des livres et auparavant, via des parchemins. Aujourd’hui, nous pouvons communiquer nos pensées de manière instantanée, dans le monde entier.

Le scientifique Carl Sagan prétend, au contraire, que l’individu est contaminé, pollué, par la société. Votre Culture a une proposition opposée. Elle promeut un individu actif, conscient et qui intervient dans la société.

En réalité, je suis d’accord avec lui. D’une certaine manière, la société « contamine » l’individu. Mais l’individu peut, en retour, « contaminer » cette même société. L’idée est, en effet, de percevoir dans un premier temps que la société détient une véritable force, que tout l’environnement culturel dans lequel nous vivons, a une grande influence sur nous. Nous sommes, de fait, le produit, les fruits de l’environnement et de la culture dans laquelle nous avons été éduqués. Si nous prenons conscience de cela, et que nous refusons d’accepter passivement cette « contamination », nous pouvons alors inverser le processus et influencer, à notre tour, la société.

Cet individu actif, et non passif, vient rejoindre l’idée d’un individu plus lucide, plus conscient auquel nous faisions référence au début de l’entretien. Cette lucidité consiste aussi pour l’individu dans le fait de s’apercevoir que l’influence du monde extérieur peut lui nuire, c’est bien cela ?

Oui, en effet, une plus grande lucidité s’accompagne de la perception de ce que le monde extérieur a de favorable, mais aussi de ce qu’il a de nuisible pour l’individu.

Mais il convient ici de rappeler que notre proposition culturelle, ne se veut pas agressive. Elle ne peut en aucun cas se réaliser par la violence. En d’autres termes, nous n’allons pas à l’encontre de ce qui est déjà établi, nous ne voulons pas que les gens changent leur façon de penser et adopte notre Philosophie. La proposition est la suivante : que ceux qui pensent déjà de la même façon que nous ne se sentent pas seuls et incompris. C’est à partir de cela que nous pouvons nous réunir autour d’un même idéal, mettre en commun des idées, des concepts. Nous pouvons alors partager une manière de vivre, de construire nos amitiés et nos relations affectives, dans le sens d’un plus grand raffinement, de plus de tendresse et de tolérance.

Un jour une jeune élève de notre Méthode nous a écrit une très belle lettre qui terminait de la manière suivante : « Je me suis toujours sentie comme un jocker perdu dans un grand jeux de cartes, aujourd’hui j’ai trouvé un jeu où toutes les cartes sont des jockers. »

Votre Culture ne se limite pas à une proposition intérieure à l’individu, mais englobe aussi la manière de se comporter avec les autres êtres humains et d’agir dans le monde autour de soi. Est-ce que cela s’accompagne d’une nouvelle éthique ? Voire d’une nouvelle esthétique ?

En réalité le concept même d’intérieur de l’individu présuppose une dichotomie entre l’intérieur et l’extérieur. Notre Culture ne perçoit pas l’individu et le monde comme deux entités séparées. De même, nous n’opposons pas le corps et l’esprit, et nous ne considérons pas qu’il existe un monde spirituel et un autre naturel. Selon nous, l’intérieur et l’extérieur d’un individu ne sont qu’une seule est même chose. Nous pensons, par conséquent, que lorsque nous sommes capables de vivre intégrés à ce qui nous entoure, notre capacité de réalisation augmente tant quantitativement que qualitativement. L’évolution personnelle de l’individu ne fait pas sens si cela ne se reflète pas sur la société, l’environnement, l’humanité et le monde en général.

Ce que nous offrons, c’est une véritable proposition d’éducation culturelle, conduisant l’individu à un niveau plus élevé de raffinement, de politesse, de sens artistique, de sensibilité. Cela s’accompagne donc, nécessairement, d’un nouveau rapport à l’esthétique et à l’éthique. Et ce nouveau rapport à l´éthique va concerner aussi bien l´Ethique valable partout et toujours, que la « petit éthique », l´étiquette, que l´on applique au quotidien dans nos relations humaines.
Par ailleurs, notre proposition n´étant pas réservée à une société ou à une culture spécifique, pour trouver le comportement adéquat, il faut toujours prendre en compte la culture dans laquelle on se trouve, que celle-ci soit catholique, judaïque, musulmane, hindoue, ou autre.

Mais rappelons, pour ne pas créer de malentendu, que bien que nous puissions parler d’un nouveau rapport à l’éthique et à l’esthétique, rien de ce que nous proposons n’est, à proprement dit, nouveau.

Cela change complètement la dynamique du monde qui nous entoure. Quelles sont les possibilités qui s’ouvrent à nous ?

Les possibilités sont nombreuses. Cependant, la réalisation est toujours lente, car il est toujours difficile pour l’être humain de dépasser les paradigmes dans lesquels il évolue. Nos circuits neurologiques ont été conçus de manière à ce que, lorsque nous avons appris certains concepts, certaines procédures, il soit extrêmement difficile de les changer. Par conséquent, lorsque nous transmettons un enseignement tel que le notre, nous devons garder à l’esprit que cela s’adresse essentiellement à un public de jeunes adultes. Selon moi, ils sont en effet les plus aptes à incorporer une nouvelle praxis.

Martin Luther King nous a légué le rêve qu’il nourrissait – I have a dream. John Lennon nous a dépeint le sien à travers une musique – Imagine. Nelson Mandela a échangé sa liberté contre son rêve. Quel est le rêve du visionnaire DeRose ?

Pour ma part, je préférerais ne pas employer le terme visionnaire. En effet, notre travail est très terre-à-terre, il est tout ce qu’il y a de plus objectif, et s’adresse directement à l’individu dans le monde dans lequel il vit. En d’autres termes, notre proposition n’est pas emprunte de subjectivité, de théorisation ou de présupposés d’aucune sorte.
Nous avons bien entendu des idéaux. Mais nous portons une attention extrême à ce qu’ils ne soient pas teintés de fanatisme. En effet, tout type de fanatisme doit absolument être évité. Malgré tout, nos concepts sont destinés à être appliqués de manière effective et notre Proposition ne doit pas être qu´un joli discours. L’idée est, par exemple, qu’un chef d’entreprise mette notre Culture en pratique dans l’organisation qu’il dirige. Il peut alors modifier sa manière de concevoir et de gérer l’entreprise, et envisager chaque fonctionnaire, chaque collaborateur, comme un être humain, c’est-à-dire un individu qui a de la valeur, du potentiel et de la créativité. Cela permet de dépasser la conception obsolète du fonctionnaire et du chef d’entreprise pris comme deux forces opposées sur un champ de bataille. Si tout le monde s’oriente dans la même direction, on peut alors diriger nos actions vers le progrès individuel et par conséquent celui de la société.

Mais lorsque vous mobilisez vos instructeurs, votre famille, votre égrégore DeRose, le futur que vous créez est orienté dans une certaine direction. Quel horizon donnez-vous à votre passage dans cette vie ?

Mon horizon, à court terme, est de voir de plus en plus de personnes heureuses, profitant d’une vie saine et d’une meilleure qualité de vie. Et c’est tout d’abord cela qu’offrent nos techniques.

A moyen terme, j’entrevois pour ces personnes une vie prospère. Lorsqu’un individu dispose d’une meilleure qualité de vie, se montre tolérant et sait gérer ses relations intersubjectives, il se retrouve aux commandes de sa propre vie. Il peut alors développer son charisme et évoluer de manière sereine dans son propre environnement. Cela se traduira rapidement par une plus grande stabilité affective et professionnelle, ce qui conduit alors généralement à une plus grande prospérité. Il va donc rapidement bénéficier d’une plus grande stabilité affective et professionnelle et cela se traduit généralement par une plus grande prospérité économique, sociale et culturelle.
De plus, grâce à des habitudes de vie saines, leur espérance de vie augmente. En effet, notre Philosophie enseigne notamment à éviter l’alcool, le tabac et tout types de drogues. Et cela rend la vie bien plus divertissante. N’étant sous l’influence d’aucune de ces substances toxiques qui interfèrent avec notre état de conscience, nous bénéficions d’une plus grande lucidité. Nous percevons alors le monde sous une autre optique, il nous paraît plus attrayant.

Quand à mon horizon à long terme, c’est de voir ces personnes atteindre la connaissance d’eux-mêmes. En fait, cela fait déjà plus d’un demi-siècle que je suis sur ce chemin.

Vous avez dessiné un horizon en ce qui concerne les personnes qui vous entourent, quand est-il au niveau collectif ?

En effet, ce que nous cherchons à transmettre au niveau individuel est la connaissance de soi. Quant à l’humanité, si elle parvient, un jour, dans son ensemble, à cette connaissance de soi, elle connaîtra une évolution profonde. Elle pourra notamment éviter certaines solutions extrêmes auxquelles elle a recours à l´heure actuelle. Nous pouvons, par exemple, observer qu´encore aujourd’hui, plusieurs nations sont en conflits armés et de nombreux pays sont gouvernés par des dirigeants qui ne cherchent pas le bien être et l’évolution de leur propre peuple.
Si nous parvenions à ce que, si ce n’est pas toute l’humanité, au moins ceux qui ont le pouvoir de décision, ceux qui créent des lois, ceux qui peuvent décider de déclarer des guerres, aient tous atteint un état de conscience plus large, plus étendu, nous vivrions dans un monde bien plus harmonieux.

Le XXIème siècle est déjà profondément différent des siècles précédents. Pour la majeure partie de la population mondiale, si nous comparons la situation actuelle, en termes de qualité de vie et de niveau de conscience, avec celle du XIXème, du XVIème ou de du XIIème siècle, nous pouvons constater que nous sommes sur une courbe ascendante.

Dans votre livre Eu me lembro (Je me souviens), vous retournez aux fondements de notre existence, comme qui voudrait reculer pour mieux sauter. Où ce saut nous emmène-t-il ?

Le livre Eu me lembro est un conte qui se déroule dans la Vallée de l’Indo, au sein d’un peuple qui vivait en harmonie et qui a existé il y a plus de 5000 ans, juste avant l’apparition des registres historiques. A cette époque, dans cette civilisation, il existait déjà des villes dont l’urbanisme était très avancé. Les maisons du peuple étaient construites sur deux étages et disposaient de systèmes de ventilation, de sanitaires et même de l’eau courante. On a presque du mal à croire que tout cela ait existé 3000 ans avant Jésus Christ !
La population disposait d’une bonne qualité de vie ; Il n’y avait de constructions pharaoniques ni pour les monarques ni pour les clercs et chaque citoyen était respecté. Les archéologues, eux-mêmes, lorsqu’ils découvrirent les ruines, hésitèrent avant de communiquer leur découverte aux académies scientifiques, de peur de ne pas être pris au sérieux. Cette civilisation était véritablement exceptionnelle pour l’époque.

Cette société vivait sous le régime du matriarcat, et il en va de même pour l’ensemble des peuples primitifs non-guerriers. A l’inverse toutes les sociétés patriarcales furent des sociétés guerrières. Le système patriarcal a donc fait son apparition dans la région, avec l’arrivée des ariens, un peuple considéré comme sous-barbare, 1500 ans avant Jésus Christ.
Si le patriarcat met en avant la guerre, les sociétés matriarcales voient le monde à travers une toute autre optique. Elles privilégient la mère, la tendresse, le ventre, le sein… Et de cette vision du monde découle une organisation profondément différente de la cellule familiale et de l’Etat dans son ensemble. De plus, ces sociétés ne se dédiant pas à la guerre, elles peuvent se consacrer à l’art, la culture, la science et la philosophie. Les élans culturels et artistiques de ces peuples étaient d’autant plus stimulés que les sociétés matriarcales, par nature, privilégient la sensorialité et la libre expression des sens.

La fiction «Eu me lembro » se déroule donc au sein d’un peuple heureux, en bonne santé, stable et prospère. Et ce retour en arrière, à cette période proche de l’origine de la civilisation elle-même, est riche d’enseignement. Il semble que quelque chose ait été perdu par la suite.

Dans Eu me lembro, vous retournez dans une passé onirique pour nous transporter ensuite dans une réalité plus palpable, un peu comme s’il s’agissait d’une vision anthropologique. Vers où nous conduit donc ce voyage ?

Nous amenons le lecteur jusqu’à cette réalité culturelle, cette civilisation, cette manière d’être, le conduisant alors à s’interroger sur son propre comportement avec ses enfants, ses parents, ses amis, ses ennemis, la personne qu’il aime. Quant à déterminer où se situe la frontière entre la fiction et la réalité, je laisse le lecteur libre de le découvrir par lui-même.

Vous défendez la liberté comme le tout premier pilier de notre existence. Cependant nous avons besoin de respecter une certaine discipline pour défendre nos valeurs. Quel arbitrage doit-on faire entre discipline et liberté ?

Dans l’un de mes ouvrages, j’expose la pensée suivante : « la liberté est notre bien le plus précieux. Lorsque la discipline violente la liberté, optez pour la liberté. »
Comment doit-on concilier liberté et discipline ? Bien que la discipline soit extrêmement importante, si celle d’un groupe spécifique, qu’il soit politique, sportif, ou autre, me fait violence, je dois toujours donner la priorité à ma liberté. Dois-je donc lutter contre les règles qui m’oppressent pour préserver ma liberté ? Choisir d´affronter le groupe constitue rarement la meilleure alternative. Lorsqu’un groupe ne me convient pas, l´attitude la plus censée est de prendre mes distances, tout en préservant, tant que faire se peut, les liens d´amitié que j’avais pu y construire. Je peux ensuite chercher un groupe dans lequel je me sente bien.
Il est évident que je respecte ceux qui pensent le contraire. Certains pensent que pour défendre leur point de vue, il est nécessaire de lutter, d’insulter, d’agresser et de provoquer des scandales. Mais il s’agit clairement d’un groupe de personnes dans lequel, pour ma part, je ne me reconnais pas.

Votre Culture préconise-t-elle de travailler sur ce qu’il y a de bon ou de mauvais en nous ? Sur nos points positifs ou nos points négatifs ?

Je ne sais pas si je m’exprimerais en ces termes. En effet, en exacerbant la notion de bien et de mal nous risquons de « christianiser » notre discours. Il est important d’avoir conscience que le bien et le mal, comme le juste et le faux, sont des notions relatives qui dépendent toujours du contexte social, culturel et religieux. Si vous entrez dans une église catholique, vous devez enlever votre chapeau en signe de respect. A l´inverse, si vous entrez dans une synagogue, il convient de garder ce même chapeau. Je me souviens qu’un jour nous visitions un temple Sikh en Inde et nos hôtes nous demandèrent de couvrir nos têtes. Même la caméra qui filmait le rituel, était couverte avec un tissu blanc, en marque de respect. Le comportement juste dépend donc des conventions en vigueur. Dès lors, au lieu de blâmer les autres et de se blâmer soi même en disant : « C’est ton mauvais côté ! » ou « Tu as commis une faute ! », on pourrait peut-être dire : « Ton attitude n´a pas été adéquate, à ce moment donné ou dans ce groupe en particulier ».
Nous avons, par ailleurs, une pensée qui dit la chose suivante : « le mal est le nom que l’on donne à la semence du bien ». Il est intéressant d´observer que tout ce que l’on considère, à un moment donné, comme « mal » ou « mauvais », se révèle, par la suite, être à l’origine d’une situation fertile.

Sur ce chemin d’apprentissage, qui conduit à l’hyper-conscience, l’individu doit savoir dans quelle direction avancer, un peu comme un coureur de fond doit savoir où se situe la ligne d´arrivée. Pour arriver plus vite, les élèves doivent-ils être focalisés sur l’objectif à atteindre ?

Nous devons appréhender ce chemin d’apprentissage comme s’il s’agissait d’un beau voyage, un voyage que vous faites en train et dont vous connaissez la destination. Vous regardez le paysage qui défile devant vos yeux, vous conversez avec un ami à vos cotés, vous allez jusqu’au wagon restaurant pour apprécier un délicieux repas, vous vous reposez, vous dormez un peu. En somme, vous profitez du voyage. Et ainsi vous arrivez plus vite. Au contraire si vous ne cessez de penser : « je dois y arriver ; je dois y arriver ; quand est-ce que je vais y arriver ; il faut que j’y arrive ; il faut que j’y arrive ». Le voyage devient désagréable et paraît plus long. Nous voulons donc que nos élèves soient conscients qu’ils avancent dans une certaine direction mais sans trop se focaliser sur le but à atteindre. L’important est qu’ils profitent du chemin à parcourir, et ce, notamment en appréciant les personnes qu´ils vont être amenés à rencontrer.

Si les personnes de mon entourage ne partagent pas le même point de vue, le fait d’avancer sur un chemin d’évolution peut-il être source de conflits ?

Lorsque dans un couple, l’un des deux conjoints décide de faire évoluer sa manière d´être et l’autre non, certains problèmes de communication peuvent éventuellement surgir. Celui qui s´engage sur ce chemin d´évolution doit alors faire preuve de compréhension, de tendresse et de respect.
Les deux conjoints se sont mariés en ayant une certaine vision de l’autre, et chacun aimait l’autre tel qu’il était. Des règles du jeu ont été instaurées et l’un des deux décide brusquement de les changer. Il est donc compréhensible que, dans un premier temps, le conjoint réagisse mal et cela ne signifie pas pour autant qu´il soit en tort. C´est, en effet, de la responsabilité de celui qui décide d´évoluer que de faire preuve de patience, de tolérance, faisant en sorte que le conjoint accompagne son mouvement, mais sans le forcer à quoi que ce soit.

Et si le conjoint refuse de voir l´autre changer, évoluer ?

Cela est finalement assez rare. Si l’attitude du premier est pleine de tolérance, de patience, de tendresse, et qu’il captive son conjoint au lieu de critiquer sa posture, en général ce dernier accompagne l´évolution. Et ce, tout simplement parce qu’il apprécie les changements qu’il a pu observer : il, ou elle, est devenu un meilleur parent, un meilleur amant, un meilleur compagnon.

Dans votre livre Encontro com o Mestre ( Rencontre avec le Maître ), le jeune De Rose rencontre le De Rose déjà mature, conscient. Quel message le Maître expérimenté voudrait-il faire passer au jeune De Rose ?

Ce livre est une fiction où le De Rose de 18 ans, encore très idéaliste, apparaît dans la vie du De Rose plus expérimenté, de 58 ans. Le jeune De Rose discute, débat, montre son désaccord : « Ça ne peut pas se passer de la sorte… je ne suis pas d’accord avec ça… cela n´est pas possible ». Le livre essaye en réalité de marier deux univers totalement différents, en nous montrant qu’il s’agit uniquement d’une divergence de point de vue et de perspective.

Les deux points de vue s’équilibrent-ils ? Sont-ils deux regards différents sur une seule et même chose ? Où l’un est plus évolué que l’autre ?

Je dirais, en réalité, que les deux protagonistes ont chacun leurs propres préjugés, bien que chacun essaye de ne pas en avoir. Et comme leurs deux points de vue s’expriment librement, cette rencontre permet à l´un comme à l´autre d´apprendre et d´évoluer.

Nous avons souvent beaucoup de difficultés avec ce qui est différent : nous nous défendons, nous rejetons, nous opprimons et supprimons. Comment la rencontre de la différence peut-elle nous permettre de grandir ?

Il est essentiel de s’enrichir des différences de points de vue. C´est dans ce sens que j´apprécie que mes amis me fassent des critiques. Les éloges et flatteries sont toujours plaisants à entendre, mais ils ne nous permettent pas d´avancer. Que pourrais-je apprendre si, à chaque erreur commise, tout le monde me disait que j’ai agi merveilleusement ? Et ce sont d´ailleurs les personnes qui se considèrent comme mes ennemis qui me permettent d´avancer et de grandir le plus. Avant même que j´agisse, ces derniers pointent déjà du doigt l’erreur que je m’apprêtais à commettre. Je peux donc tout de suite ajuster mon attitude et m´améliorer. Je compare souvent les amis et les ennemis aux différentes parties d’un arbre. Les racines qui grandissent dans l’obscurité représentent les ennemis, sans elles l’arbre ne pourrait pas tenir debout. Les fruits délicieux et les fleurs merveilleuses sont les amis, ils rendent notre existence extrêmement agréable, mais, sans les racines, ils n’existeraient pas.

Ne pas répondre aux attaques par une attitude agressive correspond-il au ahimsá –principe de non agression- que votre Culture préconise ? S´agit-il de répondre au fer par le miel ?

Notre Culture propose, en effet, un concept de non-agression qui doit s’accompagner d’une attitude active et non passive.
Il faut tout d’abord comprendre que derrière toute attitude agressive se cache une peur. Si ma grande chienne Jaya, entrait dans cette pièce en remuant la queue, vous l’appelleriez sans doute en disant : « Qu’est ce que tu es mignonne, viens par ici, viens me voir ». Mais si elle entrait en grognant et en montrant les dents, vous me direz tout de suite : « Enlevez-moi cet animal, avant que je le chasse d´ici. » Votre agressivité serait née de la peur provoquée par l´entrée de la chienne. En réalité, si nous analysons attentivement et avec impartialité chaque situation où une personne est agressive, nous constaterons que quelque chose lui a fait peur, qu´elle s´est sentie menacée et s´est mise sur la défensive. Si certaines personnes sont tout le temps agressives, c’est qu´elles perçoivent le monde qui les entoure comme menaçant.

Il faut donc, face à une personne agressive, agir avec modération et faire preuve de maturité. Et cette attitude n’est possible que lorsque on a confiance en soi. Cette personne a peut être passé une journée horrible, peut être que son mariage est un calvaire, ou peut être qu’elle a des problèmes familiaux. Vais-je alors, à mon tour, lui renvoyer encore plus d’agressivité ? Répondre à l´agressivité par l´agressivité ne rend en fait service à personne. Cela revient à vouloir combattre le feu avec de l’essence.

J’ai beaucoup aimé votre phrase « répondre au fer par le miel ». C’est une belle image et c’est à peu près l’idée que nous voulons faire passer. Parce que si quelqu’un se montre agressif envers vous et que vous répondez par un sourire, un sourire sincère, son agressivité diminue énormément.

Je me souviens d’une situation délicate à laquelle j´ai été confronté lors d’une rencontre de professionnels. Une professeur d’une autre lignée s’est avancée dans ma direction en me pointant du doigt et m’a interpellé : « De Rose, vous êtes ceci, vous êtes cela ». Elle a commencé à crier et à m’insulter, en faisant clairement en sorte que tout le monde l’entende. Imaginez cette scène digne de Kafka : une professeur d’une philosophie qui prêche l’équilibre, la non-agression, le contrôle de soi, en train d’insulter un autre professeur, uniquement parce qu’il est d’une autre lignée. Tous attendaient alors ma réaction, se demandant sans doute : « Est-ce que finalement tout ce qu’il a dit n’était qu’un joli discours ? Comment va-il réagir ? Est-ce qu’il va dire ses quatre vérités à cette femme ? Est-ce qu’il va lui crier dessus ? Va-il l’agresser ? Va-il lui tourner le dos et sortir de la salle de manière grossière ? Où est ce qu’il va rester là, à écouter passivement toutes ses insultes ? Quelle va bien pouvoir être sa réaction ? »
Et bien ma réaction fut la suivante : j’ai pris cette femme tendrement dans mes bras, et je l’ai serré fort. Et lorsque après quelques instants, je l’ai relâchée, elle m’a regardé et a dit « Ah ! De Rose, vous, hein ? ». Elle ne montrait plus aucun signe d’agressivité et n’avait plus la moindre injure à proférer. J’ai donc répondu au fer par le miel de l’étreinte, sans tendre l’autre joue, sans écouter passivement ses agressions, et sans l’attaquer en retour. Me disputer avec cette professeur n’aurait joué en faveur ni de ma relation avec elle ni de mon image auprès de tout ceux qui ont assisté à la scène. Et de toute évidence, je n’aurais pas si bien dormi le soir même.

Votre culture conduit donc l´individu à prendre conscience de ce qui se passe autour de lui, comme s´il assistait à un film dont il est lui-même un des protagonistes. Il peut alors réagir de manière active, consciente, lucide et non pas de manière primaire.

Exactement. Pour mieux comprendre cette proposition, nous pouvons transposer cela à la réalité d´un couple. Lorsque s’amorce une dispute, les deux conjoints savent exactement qu’elle est l’expression du visage, le ton de voix, et le mot qui va faire plaisir à l’autre, et permettre d’apaiser la situation. Vivant ensemble jour après jour, cela ne peut pas leur avoir échappé. Mais pourquoi, très souvent, ni l´un ni l´autre ne va choisir de désamorcer la dispute qui se profile ? C´est en fait souvent parce que chacun pense en son for intérieur « Je ne vais pas plier, je ne vais pas céder, sinon l’autre va me marcher dessus. »

En réalité accepter de mettre fin à la dispute est tout sauf une preuve de faiblesse, et rien n´empêche, par la suite, les deux conjoints de mettre les choses au clair et d´établir, si nécessaire, de nouvelles limites. S´ils estiment tous les deux que leur relation peut perdurer, cela se fera dans le respect et la considération mutuelle. Si ce n’est pas le cas ils doivent alors l’accepter. Toute rupture a un impact extrêmement fort sur notre émotionnel et cela se répercute souvent sur notre santé. Mais il faut, malgré tout, être attentif car il existe souvent un moment précis pour qu´une relation se termine sans affrontement, tout en préservant l´amitié. Si le couple dépasse ce moment magique, et persiste à rester ensemble, la rupture s’accompagnera toujours de ressentiment et d’inimitié.

Pour en revenir au comportement adéquat lorsqu´une dispute s´amorce, il suffit parfois de se dire « Aujourd’hui je cède et demain l’autre va céder ». Il existe une réciprocité naturelle entre les êtres humains. Quand vous adoptez une attitude noble à l’égard de l’autre, celui-ci aura tendance, tôt ou tard, à réagir de manière similaire.
Un jour, j’étais en voiture avec un ami qui conduisait très mal. Il traversa un rond point en coupant la route de la voiture qui venait en face, et les deux voitures s’arrêtèrent à quelques centimètres l’une de l’autre. L’autre automobiliste sortit la tête de la voiture et allait commencer à nous insulter. Mon ami fit alors un sourire extrêmement sympathique, comme pour dire : « Désolé, j’ai commis une erreur. » L’automobiliste entra alors la tête dans sa voiture en disant : « Allez, mon garçon, vas-y ! » et il n’y eut pas la moindre dispute. Qu’est ce qui permit d’éviter l’affrontement ? Ce ne fut qu’un simple sourire.

Et c’est donc cet individu plus conscient, plus lucide et plus actif que votre culture promeut dans la société ?

Tout à fait. Et cela prend tout son sens lorsque les élèves comprennent que notre Philosophie est à appliquer dans la vie réelle. On pense souvent, à tort, que nos salles de cours sont des salles de pratique. Or la salle de cours est en fait seulement un lieu d´apprentissage. C´est, en réalité, en dehors, dans la vie, que notre Méthode doit être mise en pratique.

Si un élève apprend, dans la salle de cours, à respirer de manière plus efficace, au moment il sort de l’école, il doit continuer à respirer de la même manière. C’est dans la rue, au volant de sa voiture, ainsi qu’à son bureau, que cet élève doit respirer correctement. J’ai pris l’exemple de la respiration, mais cela s’applique à l´ensemble de nos techniques et de nos concepts.
Et c’est en appliquant notre Philosophie dans sa vie que l’élève va pouvoir influencer son entourage de manière positive. Ses amis, sa famille et ses collègues de bureau vont eux aussi vouloir adopter les mêmes habitudes.

Pouvons nous faire un exercice de rétrospective pour ceux qui comme moi rendent visite à votre Culture ? Que retenez vous de vos expériences de vie et dans quelle direction pointent aujourd’hui votre horizon ?

Ces années de vie m’ont permis de connaître des personnes extrêmement intéressantes et je considère comme un véritable privilège d’avoir pu côtoyer des êtres humains dont les qualités en font des exemples pour nous tous. J’ai connu certains des êtres qui aujourd’hui me sont chers il y a plus de 20 ans, et d’autres il y a plus de 30 ans. Et à l’image de cette rencontre avec vous, j’ai encore aujourd’hui la chance de faire de nouvelles connaissances. La profession que nous exerçons, cet idéal qui nous porte, nous offre cette formidable opportunité : connaître véritablement et profondément des femmes et des hommes. Nous ne sommes pas des chasseurs de têtes, nous sommes des chasseurs de cœurs.

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